Point sur les marchés et la stratégie d'investissement, août 2026

Point mensuel août 2026 1
Scroller vers le bas

La conjoncture mondiale demeure relativement résiliente malgré la reprise du conflit au Moyen-Orient. La nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz a fait rebondir les prix de l’énergie et ravivé les craintes inflationnistes, entraînant une hausse des rendements obligataires. Les marchés d’actions résistent néanmoins remarquablement bien, soutenus par des perspectives économiques qui restent globalement positives malgré les incertitudes géopolitiques.

Conjoncture & marchés financiers

Aux États-Unis, la confiance des chefs d’entreprise s’est nettement redressée en juillet dans les services, tandis qu’elle demeure stable à un niveau favorable dans la manufacture. Ce regain d’optimisme est encourageant, même s’il doit encore être confirmé compte tenu de l’instabilité au Moyen-Orient. Le marché de l’emploi envoie en revanche des signaux plus contrastés. Il n’y a pas eu de création nette d’emplois au cours du mois écoulé et le recul du taux de chômage à 4,1% s’explique principalement par une baisse du taux de participation. Les consommateurs américains restent prudents, leurs anticipations d’inflation demeurant élevées et le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes continuant de s’éroder.

En Zone Euro, le climat des affaires poursuit son amélioration. La confiance des chefs d’entreprise s’est redressée pour le deuxième mois consécutif dans les services et repasse en territoire positif. Elle demeure également bien orientée dans la manufacture. L’amélioration est particulièrement visible en Espagne, plus modeste en Allemagne et en Italie, tandis que la France reste à la traîne. Dans l’ensemble, la croissance économique pourrait accélérer légèrement dans les prochains trimestres.

Dans les pays émergents, la dynamique est moins favorable. La confiance des chefs d’entreprise se tasse, notamment en Chine, où les exportations restent le principal moteur de l’activité tandis que la consommation intérieure demeure faible. À l’échelle mondiale, le moral des dirigeants d’entreprise reste néanmoins globalement positif malgré les incertitudes géopolitiques.

Sur le front des prix, la situation s’est à nouveau compliquée. Aux États-Unis, l’inflation s’était quelque peu tassée en juin dans le sillage du cessez-le-feu au Moyen-Orient. La reprise des hostilités et la nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz pourraient cependant provoquer un rebond en juillet. En Zone Euro, la remontée du prix du pétrole a déjà poussé l’inflation globale à la hausse. L’inflation hors alimentation et énergie reste néanmoins relativement stable, entre 2,1% et 2,3% depuis le début de l’année. Le risque d’effets de second tour subsiste si la hausse des coûts énergétiques devait se prolonger.

Les matières premières ont logiquement réagi à la dégradation du contexte géopolitique. Le prix du pétrole a rebondi avec la fin du cessez-le-feu dans le golfe Persique et la refermeture du détroit d’Ormuz. D’autres matières premières, notamment agricoles et industrielles, se sont également appréciées. L’or continue en revanche de consolider, pénalisé notamment par la diminution des achats nets des banques centrales et la hausse des taux d’intérêt.

Les marchés obligataires ont également réagi à la hausse du prix de l’énergie et au risque d’une inflation plus persistante. Les rendements se sont tendus en juillet, tant en euro qu’en dollar. En Zone Euro, les taux de long terme ont atteint de nouveaux sommets depuis la pandémie. La Banque centrale européenne a maintenu son taux de dépôt à 2,25%, mais le marché anticipe désormais une hausse d’un quart de point d’ici la fin de l’année. La Réserve fédérale a également maintenu son taux directeur entre 3,50% et 3,75%, tandis que les investisseurs escomptent au moins un relèvement avant décembre.

Sur le marché des changes, le dollar s’est quelque peu affaibli face à l’euro en fin de mois, les investisseurs ayant été déçus par le statu quo de la Réserve fédérale et le manque de visibilité sur l’orientation future de sa politique monétaire.

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Enfin, les marchés d’actions ont fait preuve d’une remarquable indifférence à la refermeture du détroit d’Ormuz. Les principales bourses des pays industrialisés restent soutenues par des perspectives bénéficiaires alléchantes. Elles terminent juillet à des niveaux proches de ceux du début du mois. Aux États-Unis, la rotation sectorielle s’est poursuivie au détriment des grandes valeurs technologiques. Les marchés émergents ont également souffert, notamment en raison des prises de bénéfices sur les grands producteurs de semi-conducteurs. L’indice mondial MSCI ACWI recule de 0,6% en juillet, mais conserve une progression de 13,6% depuis le début de l’année en euro.

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Stratégie d’investissement

En juillet, nous avons poursuivi le renforcement des positions obligataires de moyen et long termes dans les portefeuilles qui nous sont confiés en gestion. La remontée des rendements observée ces derniers mois nous offre en effet l’occasion de capter des niveaux de rémunération devenus plus attractifs. Nous avons également renforcé notre position en or, dont la contre-performance récente avait mécaniquement réduit le poids dans les portefeuilles.

Pour la suite, deux principaux risques retiennent notre attention. Sur les marchés d’actions, les investisseurs continuent à faire le tri parmi les grandes valeurs technologiques américaines, privilégiant celles qui démontrent leur capacité à rentabiliser rapidement les investissements considérables consentis dans l’intelligence artificielle. Le thème de l’IA reste néanmoins globalement porteur.

Le principal risque nous semble désormais provenir des marchés de l’énergie. Les motifs de tension sur les hydrocarbures ne manquent pas : enlisement des négociations entre les États-Unis et l’Iran, possible extension du conflit à d’autres points stratégiques, dommages causés aux infrastructures pétrochimiques russes ou encore reconstitution insuffisante des stocks européens de gaz. Une nouvelle envolée des prix de l’énergie raviverait les tensions inflationnistes, pèserait sur la croissance et compliquerait davantage la tâche des banques centrales. Il s’agit probablement du risque que nous surveillerons avec le plus d’attention dans les prochains mois.

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